Vendredi 13 Juillet. Comme je vous l’annonçais ici, avant de partir aux Francofolies, une conférence de presse devait avoir lieu sur un catamaran avec le groupe Moriarty. Annulée du fait des conditions météo, le rendez-vous est pris dans la salle du Chantier des Francos. Les membres du groupe sont dispersés un peu partout dans la salle et répondent chacun aux questions de divers médias. La chanteuse Rosemary lit un bouquin sur le canapé…
Louise : Qu’est-ce que vous lisez ?
Rosemary : « L’Été meurtrier » de Sébastien Japrisot, c’est dramatique. Ça a d’ailleurs donné lieu à un film que je n’ai pas encore vu et que j’irai voir après l’avoir lu. C’est avec Alain Souchon et Isabelle Adjani. C’est le seul rôle qu’Alain Souchon ait fait en tant que comédien et apparemment, on m’a dit qu’il était vraiment génial dedans. C’est un film qui a été fait dans les années 80 et un film français de référence. J’attends la fin… c’est de pire en pire !
Ça pourrait vous inspirer une chanson ?
Oui ! Eliane, le personnage féminin, pourrait tout à fait être un personnage de chanson !
Je vous ai vu il y a quelques mois, à La Maison du Japon (Paris), dans le cadre d’un projet initié par La Cité Internationale Universitaire, en version acoustique. On vous a retrouvé un peu dans cette même configuration, aux « Folies Matinales ». Jouer en acoustique, ça fait partie de l’histoire Moriarty ?
Tout au départ, c’est un groupe de rock qui finalement s’est défait de son électricité pendant un moment parce qu’on s’est fait chasser de la cave de répétitions puis, on a perdu un batteur… bref, on a eu plein de contraintes techniques qui ont fait qu’il a fallu un moment revenir à l’acoustique, repenser et réécrire les chansons différemment. C’est pour ça que notre premier album est très folk et très acoustique. Le deuxième disque est plus électrique. On revient à quelque chose de plus noir, avec des guitares, des basses électriques, des batteries un peu plus présentes, plus de percussions. On fait les deux en fait, c’est juste une manière de s’adapter aux lieux dans lesquels nous sommes, au public auquel on s’adresse. Il est arrivé qu’on fasse des concerts pour enfants… Là, on n’est pas en acoustique total mais, on est en partie beaucoup moins fort. Il y a beaucoup moins d’instruments, on a une façon de simplifier les morceaux de manière à ce que ce soit peut-être plus lisible musicalement. C’est un peu bizarre de parler comme ça mais, en tout cas, c’est agréable parce qu’on ajoute et on retire des choses en permanence. C’est un peu comme des recettes qu’on re-transforment sans arrêt !
Pouvez-vous nous parler des artistes que vous avez invité sur scène avec vous à l’occasion de « La fête à Moriarty » ?
Christine Salem, c’est une grande chanteuse réunionnaise qui a une voix très très particulière. Quand elle descend dans les graves, on se demande presque si ce n’est pas un homme qui chante ! Quand elle monte dans les aigus, elle a une voix de femme normale mais disons qu’elle peut descendre très grave. Elle a un grain très particulier. Elle dégage une énergie très forte et elle a vraie personnalité sur scène. Elle fait son maloya. C’est de la musique réunionnaise traditionnelle et qu’elle l’adapte. Parfois, elle chante en créole et parfois avec une langue, pas inventée, mais qui lui vient à certains moments, selon son inspiration. C’est une musique de transe et nous on est assez fan de cette musique. On a donc eu envie d’essayer de se rencontrer autour de notre musique et la sienne.
Il y a aussi Don Cavalli, qui est un chanteur qu’on aime beaucoup. Son premier album est sorti à peu prêt en même temps que notre premier. C’est très beau ce qu’il fait et il a une très belle voix. C’est un français qui chante en anglais. Les américains ne se posent d’ailleurs pas la question de savoir s’il est français ou pas. C’est très très bluffant au niveau de l’accent ! On dirait un bluesman des années 40 !
En tant que festivalière, vous seriez aller voir quoi aux Francos cette année ?
Je serais bien aller voir Para One, Emily Loizeau aux Folies Matinales, Boogers, Dominique A qui reprenait « La Fossette » (il parait que c’était super !), Graeme Allwright aussi que j’ai raté… Thiéfaine, je l’ai vu un peu par hasard et c’était pas mal du tout, très simple, quelque chose de très digne, comme il est quoi ! Barbara Carlotti et Lescop aussi.
Quels sont vos projets pour la suite ? Un nouvel album ?
Franchement, le prochain album, on ne s’y est pas encore penché… Par contre, on est sur d’autres enregistrements, d’autres petites choses… On a une pièce de théâtre qui s’est écrite à partir du deuxième album « Memories from the Missing Room », qui va passer à Paris (ndlr. Théâtre de La Bastille, du 7 septembre au 10 octobre, mis en scène par Marc Lainé) et à laquelle on participe ! C’est assez amusant. C’est un peu la création à l’inverse parce que souvent on écrit de la musique sur une pièce de théâtre et là c’est l’inverse, il a écrit sa pièce d’après nos morceaux.
Vous y jouer un rôle en particulier ?
On joue l’album dans l’ordre et entre les chansons, se passent des choses… C’est un peu étrange (rires)
Stephan (qui dessinait à côté de nous pendant l’interview) : Rose joue aussi !
Rosemary : Je joue oui, mais c’est vraiment un très petit rôle !
Une folie à faire aux Francos ?
Stephan : Un concert sur un bateau parce qu’on était censé faire une conférence de presse sur un catamaran et on est très déçus ! On peut leur proposer le concept ? « Les Folies à l’eau » ? (rires)




