Jeudi 12 Juillet, 15h30. Que d’émotions jeudi soir dernier avec Dionysos, notamment la rencontre avec Morgane, qui a gagné un moment privilégié sur la Grande Scène des Francos ! On vous en parle bien sûr bientôt sur le blog, en attendant, voici notre entretien avec Mathias Malzieu…
Louise : Vous avez créé une danse qui s’appelle, le « bird’n'roll » et qui est associée à votre dernier album. Pouvez-vous nous éclairer sur cette danse ?
Mathias Malzieu : En fait, on s’est amusés à inventer des pas qui vont bien avec les chansons du nouvel album. Comme c’était une idée un peu surréaliste de dire que cette danse pouvait avoir des pouvoirs magiques, c’était intéressant pour nous de le faire de manière extrêmement sérieuse, de décaler le truc. Pourtant, il y a des thèmes sur l’album qui sont plus mélancoliques et qui sont pris avec légèreté, avec des yukulélé, par exemple. Sur quelque chose de joyeux comme une danse, on s’est dit qu’il fallait le faire hyper sérieusement. C’est le fait de prendre les choses à l’envers qui créé comme ça de la surprise, du décalage. C’est une chorégraphe qui nous a fait les pas qu’on a mis à disposition sur Facebook. On peut tous les apprendre, c’est assez facile. Il s’est passé des choses a ssez mignonnes autour de ça parce que on reçoit des vidéos. A Montréal, quand on a commencé le concert, il y avait 60 personnes qui dansaient le bird’n'roll, ils avaient carrément organisé un flash mob ! Pour le deuxième single, « Jim Carter en slim », on a demandé aux gens de nous envoyer des vidéos sur cette chanson. On a monté un clip qu’on vient de sortir, avec uniquement des morceaux de live et des vidéos que les gens ont fait chez eux en train de danser le bird’n'roll et des images de ce fameux flash mob !
Il y a un univers différent pour chacun de vos albums. Un univers que vous déclinez avec des livres, un film même à venir pour « La Mécanique du Cœur »… Votre musique ne peut pas vivre seule ?
Si, si elle peut vivre seule ! Ce n’est pas une question qu’elle a besoin d’autre chose, c’est une envie ! Ça crée d’autres inspirations et des créations rigolotes ! Il y a des chansons qui m’ont donné l’envie de faire des livres, il y a des livres qui, dans les personnages m’ont donné envie de faire des chansons… Maintenant, tout ça se boucle avec cette histoire de film. J’aime bien l’idée que ça puisse se décloisonner parce que c’est assez ludique et encore une fois, ça crée de la surprise. C’est comme le fait d’inventer des pas de danse pour le bird’n'roll, de faire un expo avec une quarantaine d’artistes différents sur mon dernier roman ou là de faire un film et de connecter des personnages de livre à des chansons, etc. C’est comme si tu prenais une négatif d’une photo et que tu le trempais dans un bain révélateur différent. Même si c’est le même, tu as à chaque fois de nouvelles choses qui se passent ! C’est déjà le cas quand tu fais une chanson en studio et que tu l’arranges pour la jouer sur scène. Elle est déjà différente et même chaque soir selon les gens, l’endroit… ça ne vit pas de la même manière. Ce sont ces petits choses impalpables qu’on cherche quand on a la chance d’avoir un terrain de jeu aussi génial que de faire la scène, etc. Mes bouquins ont peut les lire sans connaître le groupe et mes albums ont peut les écouter sans connaître mes livres. Le film, ça sera pareil. On pourra aller le voir sans avoir lu mon bouquin et même si on ne connaît pas Dionysos ! J’aime bien qu’il y ait un deuxième niveau de lecture et que les gens qui connaissent tout puissent faire des petits ponts. C’est entre un jeu de piste et une chasse aux trésors…
Tu peux nous donner plus d’infos sur le film ?
Il sortira, si tout va bien, en décembre 2013 et au plus tard en février 2014.
Tu travailles avec qui sur ce projet ?
Avec Stéphane Berla qui a fait les clips de « Cloudman », de « Tais-toi mon cœur » et de « Neige ». On co-réalise tous les deux et c’est produit par Luc Besson qui nous soutient beaucoup. C’est beaucoup de travail. J’y suis depuis début 2008 donc c’est long mais c’est assez magique d’avoir des personnages que tu as inventé et qui commencent à bouger, à parler, à chanter les chansons du groupe… c’est assez barjot !
Petite question « Francos », qu’est-ce que ce festival représente pour toi ? Tu as des souvenirs particuliers de scène ici ?
La première fois qu’on a joué j’étais encore un peu plus blessé qu’aujourd’hui, là j’ai les deux mollets déchirés (ndlr. certains se demandaient pourquoi il avait moins sauté sur scène, vous avez lé réponse… Il n’en reste moins que le show était terrible, n’est-ce pas?!) La dernière fois, j’avais carrément une jambe dans le plâtre ! J’avais fait le concert assis sur une chaise. C’était l’une des premières fois où on faisait une très grosse scène ! Le public avait été super à l’écoute en fait ! Ce qui est rigolo avec ce festival c’est que comme il y a une tradition un peu de chanson… il y a à la fois, la puissance d’une grande scène et en même temps, tu as une éducation, une culture de l’écoute. Tu as peut-être parfois un public un peu moins énergique qu’aux Eurocks, par exemple, où les gens viennent pour la baston… Ça fait un équilibre qui est pas mal parce que tu as quand même l’élan et l’inertie d’une scène qui est énorme. Tu as aussi un cadre qui est quand même assez dingue… (ndlr. petite mise en situation : à ce moment de l’interview, une femme éclate de rire avec… intensité) Le problème de ce festival c’est surtout qu’il y a des femmes avec des rires horribles ! Le rire c’est tellement important chez une femme, chez un homme aussi, je suppose … et c’est terrible parce qu’une femme qui rit avec un joli rire, ça peut tout changer mais l’inverse aussi ! C’est comme si aux Francofolies, on enlevait les baffes !
Une folie à faire aux Francos (même si tu en fais certes déjà beaucoup sur scène…) ?
La folie, pour moi, c’est de pouvoir continuer à être là après avoir fait déjà 4 Saint Jean d’Acre ! C’est un fantasme incroyable, c’est la scène des Férré, Bashung et autres grands noms ! D’être de nouveau présent sur cette grande scène (ndlr. nouveaux éclats de rire de la femme en question…)… malgré les rires de Gremlins de la demoiselle derrière, c’est déjà une folie en soi ! Après, ça dépend du public, de nous, des choses… du vent… de la demoiselle qui a gagné le concours de slam… si elle va se faire dépecer vivante ou pas, si son soutien gorges va tenir le choc ou est-ce que quelqu’un va le manger au premier rang ! C’est le rapport à la surprise que je privilégie… Planifier un peu trop la folie, c’est déjà un petit peu moins fou finalement…

