Mercredi 11 Juillet, 17h30. J’ai rendez-vous avec Mrs Good au patio, en terrasse. Oui le soleil a bel et bien pointé le bout de son nez. Deux membres du groupes sont assis sur des chaises balançoires : Édouard (batterie et chant) et Stéphane (basse et chant). Arthur (guitare et chant) et Sacha (Claviers-guitare et Chant), en interview, nous rejoindrons pour la photo. Lauréats Ricard SA Live, ils ouvraient la première soirée Not Ze Francos ! 
Louise : Comment s’est passée cette sélection pour Ricard SA Live Music ?
Édouard : Il y a un protocole assez inflexible en fait. C’est du drainage d’amis, de profils Facebook… Le but c’est de brasser un maximum de gens pour les inciter à voter pour toi et accéder au deuxième tour ! Il y a plusieurs étapes éliminatoires comme ça avec notamment une vidéo acoustique qui a été filmée par Rod (blog Le Hiboo). Les 15 finalistes ont été filmés et à l’issue de ça il y a eu un artiste choisi par un jury et c’est nous, voilà !
Vous ouvrez la scène Not Ze Francos, qu’est-ce que ça représente pour vous les Francofolies de la Rochelle et ce concert particulièrement ?
Édouard : C’est une première pour nous parce que même en tant que festivalier, ce n’est pas un festival que j’ai déjà fait personnellement. J’ai vu beaucoup de concerts rediffusés et Stéphane aussi… (il confirme!) C’est super et en plus de ça on est programmés sur une scène qui n’est pas off mais pas complètement intégrée aux Francos, ne serait-ce que par son appellation. C’est une scène qui se veut indé. On essaye de ne pas trop se mettre la pression, de profiter à fond de ce qu’on nous offre ici. C’est une belle expérience à vivre !
Stéphane : C’est une super chance !
Édouard : On est assez consciencieux et soucieux de la qualité de ce qu’on fait mais on verra comment ça se passe pour nous après le concert…
Louise : Je viens à l’instant de recevoir votre prochain EP : « Visions » (sortie prévue le 27 août). J’ai eu le temps d’écouter le premier titre « Absent Mind » et j’ai tout de suite pensé à Tom Waits, je m’égare ou pas ?
Stéphane : Non, t’as visé très juste ! Tom Waits c’était une des références en terme de son qu’on avait en tête pour donner une couleur sonore à cet EP. Avec Samy le réalisateur, on a parlé tout de suite de ça, dès qu’on a voulu bosser ensemble.
Édouard : On ne voulait pas s’en servir en tant qu’influence direct. Oui, ça peut lui arriver de délivrer des ambiances très complètes dans un seul morceau mais on s’est plus intéressés à sa façon de faire. Ce n’est pas une influence majeur en soi du groupe !
Beaucoup de cuivres aussi sur cet EP ?
Édouard : Ça a été une volonté de notre part oui. Au départ, c’est parti du premier morceau que tu as écouté « Absent Mind ». C’est un morceau écrit par Sacha. Les 5 titres de cet EP, ça fait un moment qu’on les rode. Ce n’est pas qu’on les traine du tout, ce ne sont pas des boulets, on en est hyper fiers ! C’est seulement qu’ils sont arrivés à maturité logique. Il y a une chronologie assez concrète dans ce qu’on fait, en terme d’évolution et de morceaux créés les uns après les autres. « Absent Mind » c’est vraiment un morceau qui a des grosses consonances klezmer, cette musique balkanique. En plus, c’est Sacha qui l’a composée et qui est d’origine bulgare donc ce sont des choses auxquelles il va donner du cœur. On a tout de suite pensé à cette base là au moment où on a créé le morceau. On ne savait pas trop où on allait, on a d’abord rempli avec les 4 voix mais on les a toujours entendu ces cuivres là, sans aucune prétention d’oreille absolue. C’était vraiment un arrangement qu’on sentait et finalement qu’on a décidé de décliner, pas pour rentabiliser la journée où on allait avoir des cuivres mais, vraiment parce qu’il avait des passages de morceaux qui s’y prêtaient. C’est un travail émulateur, chacun y va de sa petite proposition. Ce n’est pas seulement valider l’idée de quelqu’un, c’est l’agrémenter !
On vous sent aussi très inspirés de la folk américaine des années 70 notamment…
Édouard : On a tous nos petits coups de cœur qu’on s’est fait découvrir. Ça fait presque 4 ans maintenant qu’on joue ensemble et je sais que j’ai deux fois plus d’ouverture musicale depuis que je suis avec eux ! Ce qui m’a plu c’est que ça n’était pas recraché en fait !
Stéphane : Dès le début du projet, on avait envie de chanter à plusieurs. Quand Édouard nous a rejoint, on s’est retrouvés à chanter à 4. Tout de suite, on a été obligés de s’inspirer des groupes des années 70 qui chantaient avec plein d’harmonies vocales…
Édouard : Il faut se cultiver de ce côté là pour éviter de tomber dans des clichés même si t’es sûr de faire les choses avec goût. Il y a des choses où il faut forcément s’arrêter dessus pour trouver le petit truc, et souvent ce n’est pas dans l’évidence qu’il se trouve. Avoir des mélodies à plusieurs voix c’est déjà l’essentiel de notre musique parce que ça apporte une force, un panoramique hyper large, d’inspirations aux gens… Chacun rapporte sa compo, plus ou moins dans un état terminé. On est pas non plus un groupe de gospel. On ne se lance pas dans des trucs complètement nian-nian mais, c’est vrai qu’on se tente chacun des voix sur les morceaux de l’autre. Après, on choisit ce qu’on laisse, ce qu’on garde…
Vous avez un projet d’album ?
Édouard : On a beaucoup de travail depuis qu’on a remporté ce tremplin. On est un peu au four et au moulin, c’est à dire que d’un coup on a dû prendre un rythme au niveau des concerts avec des dates plus resserrées et avec parfois des emplois du temps farfelus : partir à Rome, revenir prendre un camion et partir directement en Ardèche, ça fait des longues journées mais c’est super ! On découvre vraiment le monde artistique comme on aurait aimé le vivre, chacun dans notre petit rêve d’ado ! Forcément, il y a du retard pris sur d’autres trucs. Il faut qu’on recommence à travailler sur les nouvelles compositions. Les concerts c’est bien, c’est la finalité d’un groupe, surtout avec le climat social du monde de la musique en ce moment ! C’est difficile de faire autrement que par la case live ! On adore se retrouver entre nous 4 et se plonger de manière un peu nerd, un peu geek et créer.
Pour finir, une folie à faire aux Francos ?
Stéphane : Édouard voulait m’appeler Framboisier sur scène ce soir, donc je pense que ça peut être bien !
