L’équipe des Francos Reporters est partie à la rencontre de Julia Pelaez, intervenante en chant au Chantier des Francos Reporters. Pour commencer, nos deux apprentis-journalistes en presse écrite lui tendent un nœud papillon noir :
Francos Reporters : Qu’est ce que cela vous évoque ? A quoi ça vous fait penser ?
Julia Pelaez : Ça me fait penser au costume des jeunes filles dans les films.
Francos Reporters : Qu’est ce que vous avez fait après le bac ?
Julia Pelaez : Moi, mon projet c’était d’être chanteuse. Je voulais aller à Paris pour chanter, cependant mes parents ne m’auraient sûrement pas laissé y aller en tant que chanteuse. A l’époque c’était possible d’être institutrice juste après le bac. Et donc, pendant un temps j’étais institutrice le jour et chanteuse la nuit. J’ai commencé à aller voir à droite et à gauche, à prendre des cours de guitare, puis à chanter dans des cabarets.
Francos Reporters : Ça vous fait rire de parler de cabarets, pourquoi ?
Julia Pelaez : Parce que ces endroits n’existent plus de nos jours, ces endroits où on pouvait commencer à apprendre son métier. J’ai donc eu la chance de démarrer en y allant avec mon amie. C’était la première fois que je chantais devant un public. Après, on m’a dit d’aller passer des auditions dans d’autres cabarets, etc. C’est un métier qu’on apprend en pratiquant !
Vous pouvez nous décrire l’envers du décor des cabarets ?
Julia Pelaez : Alors c’était des lieux où le plus souvent des gens mangeaient en même temps. Ce n’était donc pas toujours facile de les faire sortir de leur assiette. Mais c’était aussi le pari. Si tout se passait bien, ils pouvaient me réengager.
Francos Reporters : D’ailleurs, quels styles de musique jouez-vous ?
Julia Pelaez : Alors à l’époque moi c’était de la chanson française accompagnée d’une guitare. Je chantais aussi en espagnol. Je suis toujours restée à cheval entre les deux cultures. J’ai la chance d’être créole. Par la suite je me suis orientée dans le chant classique parce qu’on m’a reproché de n’être qu’interprète. Donc petit à petit j’ai bifurqué dans le lyric. Il y a aussi le fait que je sois arrivée vers le théâtre, j’ai chanté à la comédie française pendant plusieurs années. Il y a une belle histoire : j’ai joué dans « Les trois sœurs » (une pièce de théâtre) quelqu’un qui devait jouer de la harpe pendant 3 à 4 minutes. La comédie française m’a proposé de payer les cours de harpe nécessaires. J’ai accepté.
Francos Reporters : Tout le monde peut chanter juste ?
Julia Pelaez : Dans l’absolu oui. Par contre, certaines personnes peuvent avoir des problèmes d’oreille et n’entendent pas les sons de la même manière que les autres.
La phase psychologique peut aussi entrer en jeu. A force d’entendre, tu chantes mal, un blocage se fait et la peur de chanter faux reste. La plus grande partie de mon travail est de leur ôter cette idée de la tête. Il ne faut avoir peur de chanter mais il faut avant tout essayer et y prendre plaisir.
Francos Reporters : Vous ne regrettez pas d’avoir arrêté la scène ?
Julia Pelaez : Je ne regrette absolument pas. J’ai adoré être sur scène et j’en garde de très bons souvenirs. Pendant un temps je faisais les deux. Être sur scène et professeur apporte énormément. Les élèves nous permettent aussi d’évoluer. Je me rappelle très bien du jour où je me suis rendue compte que je préférais être en coulisse. Je faisais un programme de mélodie pour aider une chanteuse quand j’ai compris que je préférais aider les autres et leurs transmettre mon savoir.
Francos Reporters : Comment se déroulent les premières rencontres ?
Julia Pelaez : Suite à une sélection de la direction des chantiers, on nous présente les artistes. En fait, je prends juste le cadeau (rire). Ce qui est vraiment génial, c’est de découvrir la personnalité de ces personnes plus que leurs voix. J’aime leur faire découvrir des styles différents des leurs. Il m’est déjà arrivé de faire chanter à un rappeur du chant lyrique !

