Le Café de la Danse a débordé avec Barcella, le 31 mai dernier. Dans le public, on est venu majoritairement entre amis pour boire la tasse de son « Charabia », son dernier album sorti il y a quelques semaines.
La mise en scène est riche : des guirlandes multicolores entourent le piano et la batterie, alors que des parapluies sont suspendus dans les airs à l’envers (très rare en ce moment, vous en conviendrez…) Le set débute par le titre « L’insouciance » aux airs de valse appuyés d’une batterie chaloupée. Très vite, on remarque le charisme de Barcella de part sa présence scénique, son humour et ses histoires tantôt chantées, parfois slammées. « Ce concert peut heurter la sensibilité des plus jeunes… les moins de 87 ans doivent quitter la salle », lance-t-il avant d’entamer « Les Sornettes ».
« C’est pas qu’j'veux pas croire au Père Noël dans la ch’minée,
Mais permettez-moi juste d’exprimer mon point de vue :
Dans toutes les BD ou même les dessins animés,
Tout l’monde l’a capté, le Père Noël a un gros cul !Il ne passera pas !
Sornettes, inepties, balivernes, sottises,
Mon œil voit bien dans vos bêtises. »
Avec Barcella, vous avez l’assurance de passer de bons moments, en témoigne la chanson hommage à Cerise, reconnaissable à sa robe à pois verts et célèbre égérie d’une certaine compagnie d’assurance. Les touchés de piano se font aussi cocasses que le texte. Derrière moi, j’entends des « C’est rigolo, hein ! ». C’est vrai. C’est drôle, ça swing pas mal aussi avec l’accord guitare, contrebasse, piano, batterie et quelques notes de trompettes par-ci, par-là.
Ce sont des morceaux sponsorisés, vous l’aurez compris, comme « Claire Fontaine » dont la marque aurait envoyée des cahiers à sa maison de disque, confie-t-il. Sujet grave (pour la gente masculine du moins) abordé dans la chanson « La queue de poisson » qui « n’engage en aucun cas l’intimité du narrateur… », précisera-t-il. Connue de tout le public présent ce soir là, il se rassurera qu’elle ne soit jamais partie en radio… Pour ceux qui ne la connaissent pas, je vous laisse la découvrir pour comprendre plus clairement de quoi je parle…
Dans ses textes, le thème de l’enfance est récurant. Traité avec humour toujours, c’est bien souvent attendrissant comme « Les monstres » ou le nostalgique « L’âge d’or », joué à 4 mains sur le piano et à l’interprétation plus posée. Petit clin d’œil et séquence revival lorsqu’il reprendra le générique du dessin animé « Les Mystérieuses Cités d’Or ». La génération 80 est belle et bien présente ce soir là. Changement de ton avec le groovy « Mixtape », à la rime taquine et la rythmique dansante. Lui, se faufile dans le public pour balancer son flow rapide et nous, on balance les épaules.
Alors oui, on rit c’est certain, on tape dans ses mains, des pieds, on chante, on se laisse bercer au rythme des émotions véhiculées par des histoires écrites par un poète amoureux de la langue française. Ces poètes qui nous font lire entre les lignes avec ces textes qu’on aime lire et relire. Auteur, compositeur, interprète, sa prestance est théâtrale. Dans le public, on le suit sans broncher, on lève les mains en l’air dès qu’il en fait la demande. On lui réserve une belle ovation en fin de set, on se lève pour l’applaudir et bien sûr, on en veut encore. Difficile de ne pas être touché en plein cœur avec « La symphonie d’Alzheimer ». Un titre que je ne suis pas prête d’oublier… Dernière petite dose d’humour avec « Le suicide », « sponsorisé par l’éducation nationale » cette fois, et enfin le très demandé « Les cahiers de vacances ». Alors là, je me dis qu’étant donné les réclamations du public, ça doit être l’une de ses chansons les plus connues. Et bien non, elle figure sur son dernier album et pourtant dans le public on connaît toutes les paroles par cœur. Ovationné une nouvelle fois pour le dernier rappel, il conclut la soirée : « Généralement, les artistes ne savent pas trop quoi faire de toutes ces émotions… moi je prends tout ». Nous on en a pris plein les oreilles, les mirettes et les zygomatiques.
Pour en être témoin, rendez-vous aux Francofolies, le 13 Juillet, au Théâtre Verdière.
Photos de la soirée à suivre prochainement…

