Live Reports — mai 29, 2012 2:01

ARLT @ Café de la danse

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Arlt était au Café de la Danse, le 16 mai dernier. Un duo mené par deux personnalités, l’une féminine avec Eloïse Decazet, l’autre masculine avec Sing Sing. Avec eux sur scène : le guitariste Mocke, membre du groupe Holden, sorte de troisième voix qui tire sur les cordes de notre imaginaire…

La salle du Café de la Danse, y est aussi pour beaucoup, mais dès le premier morceau et les premiers grattements de guitares de « Sans mes bras », on se sent plutôt bien accueilli. On rentre dans un univers forgé par les mains de deux artistes qui chantent la langue française, entre les lignes. Une langue à laquelle ils ont déjà rendu hommage dans un premier album « La Langue » sur lequel apparaît le titre « La Rouille » que j’avais découvert malgré moi, grâce à Bertrand Belin. Ami de Arlt et lui aussi familier de cet univers à la gratte entêtante, il reprenait ce titre sur sa dernière tournée avec le très beau « Hypernuit ». Parenthèse faite, revenons en à la soirée…

C’est marrant parce qu’ils restent des places derrière mais une partie du public préfère s’assoir par terre, devant, au plus près d’eux… D’ailleurs Sing Sing ne manque pas de le dire : « Vous êtes extrêmement chaleureux, c’est invraisemblable… je ne sais pas trop quoi vous dire… il y a des tonnes d’interviews de nous qui font 10 pages... », ce à quoi le public répondra : « On ne les lit pas ! » Voilà, j’ai noté. Chers internautes, je ne ferai donc plus d’interview ! ;)

Les « ah ah » se font entêtants sur « Le Pistolet », premier titre de leur deuxième album fraîchement sorti : « Feu la figure ». A chanter à tue-tête donc. Eloïse semble à chaque fois habitée, comme sur cet air qu’on comprend vite traditionnel :  « Je voudrais être mariée ». Pour l’anecdote, ce chant a été collecté dans le Berry auprès de Anne-Marie Ball et figure dans l’Anthologie de la chanson Française Traditionnelle publié par Marc Robine. Sur le disque qui accompagne cette anthologie, il y a une version chantée par Sylvie Berger, chanteuse spécialisée dans le Centre France. Eloïse a également enregistré avec le guitariste improvisateur Eric Chenaux des interprétations troublantes d’airs médiévaux (source : musicore.net) On y retrouve cet effet de vers à répétitions, marque de fabrique du duo.  Il est question d’animaux aussi dans les titres « Le ventre de la baleine », « Tu m’as encore crevé un cheval » chanté sur la pointe des sabots, et ça envoie du lourd sur « Rhinocéros » où Sing Sing laisse sa guitare à Eloïse pour la regarder la « maltraiter » dans le public. Et puis, vient « Chien, mi amor », décrite comme « chanson sur un volcan« . Le final, guitare et maracas, se fait lui presque psychédélique.

On les écoute têtes posées sur les mains, on danse aussi devant, comme sur le titre « Les dents » où l’on entend ce doux questionnement :  « Que vaut la vie sans incandescence ? ». Arlt, c’est incandescent et ça vaut le coup, vous l’aurez compris. Alors oui, Arlt, ça gratte plutôt folk avec de vieilles guitares qui grésillent, ça chante parfois à l’ancienne avec ces clins d’œil à la chanson française traditionnelle et ses vers à répétition. Ça éveille l’imaginaire aussi, un peu, beaucoup même. Passionnément ? Assurément. A la Folie ? Oui, le 14 Juillet prochain, sur la scène du Théâtre Verdière, pour leurs premières Francos !

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