Live Reports — mai 2, 2012 8:28

Kery James @ Théâtre des Bouffes du Nord

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Kery James. 20 ans de carrière et plus récemment une quinzaine de soirées au Théâtre des Bouffes du Nord (Paris 18ème), lui aussi chargé d’histoires. Un lien atypique situé à deux pas de la gare du Nord, racheté en 1974 par Peter Brook et Micheline Rozan. Un théâtre ressuscité avec les marques que lui ont laissé le temps, près d’une centaine d’années… Un endroit chargé d’une âme et d’une acoustique unique où le rappeurKery James revisitait les titres les plus poignants de son répertoire.

Samedi 21 avril dernier, on est venus entre amis, on partage des fraises tagada avec Rim-K (rappeur et ami de Kery James) présent dans le public devant élo et moi. Ma chère collègue de chronique à double clavier (récurrente sur ce blog) a décidé elle de poser une RTT pour ce live report !

19 heures précises. Le public réparti sur 3 niveaux, entre le parterre et les balcons, entame une série de sifflets et de « houhou ». On tape des pieds au dessus de nos têtes. « A l’ombre du Show-Business » donne d’entrée de jeu la couleur de cette soirée : intense. D’abord slamé, le morceau prendra sa force crescendo avec le clavier (Bachar Khalifé) et les percussions (Aymeric Westrich) On y entend cette phrase « Les rappeurs sont les héritiers des poètes » qui prendra alors tout son sens dans ce lieu culturel si particulier. L’image est belle, d’autant plus qu’elle est scandée dans un théâtre anciennement appelé « Théâtre Molière »…

Ses gestes appuient à chaque fois son interprétation comme sur « Pleure en silence ». Son regard parcours lui la salle de haut en bas et de gauche à droite. Sa présence s’affiche sur le mur vieillit : une ombre géante qui domine la salle, mains ouvertes devant le public qui lui répond comme par réflexe sur le refrain de « Banlieusards » : « On est pas condamnés à l’échec« . Rim-K lance une accolade avec ses voisines qui se balancent avec lui. Un spectacle qui accueille des invités comme Béné sur « L’impasse ». Les têtes dodelinent aux rythmes de mesures dialoguées, du grand frère, au petit frère. Mr Toma le rejoindra sur « En manque de… » soleil ? de sourires ? Pas ce soir en tout cas. Les vibes de Kayna Samet l’accompagneront sur « Laisse nous croire ». Dans le public, on danse, on s’improvise choristes comme un groupe de jeunes femmes au deuxième balcon, motivé par Kery qui les désigne de la main. « Pourquoi on n’a pas fait de captation ce soir ?  Vous êtes vraiment un beau public… » avant d’enchaîner sur « Le prix de la vérité ». « Tous ces gens différents, ça me donne envie de retourner en arrière, en 2001, avec l’album « Si c’était à refaire«  » : « Y’a pas d’couleur ». L’audience se fera silencieuse sur « Le cœur et la raison » où seuls ses mots résonneront au rythme d’un piano cristallin. La réorchestration acoustique de « Combien » renforcera d’autant plus la puissance et le trouble que suscite ce morceau, au final laissé a-capella. Les lumières rouges orangées se mettront d’accord avec « En feu de détresse ». On ferme les yeux, en chuchotant les paroles. Plein phare maintenant sur le titre inédit de l’album « 92.2012″ : « Lettre à la République », où l’artiste ne passe pas par quatre chemin pour dire ce qu’il pense. Statique, les deux mains qui serrent le micro, il commence le morceau en douceur avant de prendre progressivement son ampleur avec le jeu de percussions. Tout le monde se lève, Kery reste les bras ouverts devant son public, les lumières s’éteignent… Derrière moi j’entends des « C’était bien hein ?« . Les murs vibrent au rythme des applaudissements, des pieds qui tapent le sol et des « Kery, Kery, Kery ». Alors nous aussi avec élo, on se prête au jeu !

Arborant un t-shirt « Kery James 92.2012″, il interprète un dernier morceau et non des moindres : « 28 Décembre 1977″, date de naissance d’un rappeur fêtant cette année ses 20 années de carrière… Rideau. Avec cœur et raison, ses lettres auront touchées le public francilien. Prochain acte : le Grand Théâtre aux Francofolies, le 14 Juillet prochain.

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